— Il est arrivé un malheur à quelqu’un ! A qui ? Je veux savoir… Je veux !
Le domestique perdit la tête.
— Oui, il y a un malheur, un accident…
— Lequel ?
— C’est… c’est M. le comte qui a été blessé à la chasse… M. de Gannes vient de l’annoncer, pour qu’on prépare tout pour soigner M. le comte, qu’on apporte…
Josette était devenue livide, mais elle n’eut pas un cri. Ses yeux seuls parlaient, contemplaient avec épouvante Ghislaine dont le visage aussi s’était décoloré, et qui répétait, d’une étrange voix, sans timbre, comme si elle ne pouvait admettre encore la brutalité terrible du fait :
— Vous dites que M. de Moraines est blessé, et qu’on l’apporte ?
Elle n’avait osé demander : « Grièvement blessé ? »
— Oui, mademoiselle. L’accident est arrivé, paraît-il, dans les environs du bois de la Brisse, comme ces messieurs revenaient ; mais je n’ai pas bien compris comment… Je sais seulement que c’est en traversant un fossé. La terre était humide. M. le comte, qui causait, a glissé. Le coup est parti. Et M. le comte a reçu toute la charge…
— Mon Dieu ! mon Dieu ! murmura Ghislaine.