— J’ai jamais eu la curiosité d’aller voir l’église ! affirme Panainnin. On s’est mariés dans l’ancienne, qui est démolie depuis plus de vingt ans.

La nuit est venue. Le rayon de lune est parti.

Pour fumer, on y voit toujours assez clair. On est à table depuis plus de deux heures.

Pour servir le café, il faut bien allumer la lampe, une vieille lampe qui, depuis bien longtemps, préside aux veillées d’hiver. Délaissée à partir de Pâques, elle semble, aujourd’hui, malade, et rote, comme sur le point de vomir. Mais, très vite, elle se réhabitue. Elle sait ce que l’on attend d’elle.

La Bancale a envie de dormir. Heureusement, elle peut s’appuyer contre le lit. Personne ne prend garde qu’elle laisse refroidir son café, sans même y avoir goûté. Elle entend des voix, comme en rêve. Le jour de la première communion a été pareil aux autres. Elle a porté sa robe blanche comme un linceul.

Augustine rit d’un rire sonore. On remue des chaises. On sort sur le pas de la porte. Des cors de chasse se répondent, de très loin. Les échos doivent se rencontrer, se saluer.

Elle est restée derrière les rideaux du lit, avec la vieille lampe pour compagne. Si elle allait les rejoindre, ils lui diraient :

— Tiens ! Tu n’étais donc pas là ?

Ils viennent de tirer la porte. Elle n’entend plus, des cors, qu’un murmure étouffé comme une plainte. Augustine, rêveuse, dit :

— C’est joli, comme ça, la nuit, la musique des cors de chasse !