Elle n’eut pas la peine de répondre.
— Il y a, dit Lavaud, que cette après-midi j’ai revu le marchand de fonds et que demain la bicoque sera vendue. Je ne veux plus entendre parler de ce quartier de misère. Nous achèterons quelque chose à Grenelle ; j’y servirai des ouvriers, des cochers. Ça sera moins bien qu’ici. Mais je ne demande qu’à gagner ma vie.
Vaneau se taisant, il continua :
— Nous ne t’en avions pas parlé parce que nous avons voulu essayer jusqu’au bout. Nous espérions toujours. Mais nous voyons qu’il n’est plus possible de continuer.
Vaneau se taisait toujours mais il songeait :
— Tout cela est très bien, mais Jeanne et moi qu’allons-nous devenir ? Quand nous nous sommes mariés il y a deux mois, vous deviez bien savoir que vous vendriez ce que vous appelez votre bicoque. Vous m’aviez dit : elle prendra ses repas ici comme par le passé, toi aussi. Nous ne pouvons pas lui donner de dot mais nous lui revaudrons ça. En attendant voici des meubles et du linge. Nous en avons beaucoup plus qu’il ne nous en faut. Avec ça vous aurez un joli petit intérieur. Je vous ai écoutés : je ne pouvais pas continuer à coucher dans ce cabinet. J’avais besoin d’être chez moi. Il fallait pour cela que j’épouse votre fille. Je ne le regrette pas : Jeanne est très douce et je l’aime bien. Mais il n’en est pas moins vrai que vous me la laissez sur les bras. Évidemment nous n’irons pas chaque jour déjeuner et dîner de Batignolles à Grenelle.
Seulement Vaneau ne prononçait pas une de ces phrases. Il poursuivait ses réflexions :
— Douze cents francs par an ce n’est plus beaucoup quand on a un loyer de cinq cents francs et que le reste doit suffire aux besoins de deux personnes. Ma tranquillité aura été de courte durée.
Lavaud ajouta :
— Tu dois penser que nous ne vous laisserons pas dans l’embarras. Ce n’est pas du jour au lendemain que l’on se fait une situation à Paris.