Il lui rapporta presque mot pour mot la conversation qu’il avait eue avec Verrière. Elle-même fut ébranlée dans son indifférence.

— Cette relation peut t’être utile, consentit-elle à dire.

Vaneau l’embrassa. Il ne se possédait plus de joie. La vie redevenait belle. Il trouva la semaine longue.

Le dimanche suivant à trois heures précises il sonnait à la porte de Verrière. Il aurait pu le faire plus tôt car suivant son habitude il était arrivé rue Caulaincourt bien avant l’heure mais il ne voulait pas courir le risque de mécontenter son sauveur en ne se présentant point juste à la minute dite. Il fut d’ailleurs obligé de sonner trois fois en prenant soin de laisser s’écouler entre chaque discret carillon beaucoup plus de soixante secondes. Il allait même se décider à partir, la mort dans l’âme, quand la porte enfin s’ouvrit. Il revint à la joie de la vie. Verrière s’était dérangé, oui, lui-même, en personne, pour lui ouvrir et dit :

— Excusez-moi. Aujourd’hui je suis seul. La bonne est sortie. Mes amis ne viendront pas. Ils sont retenus.

Vaneau fut ennuyé qu’il s’excusât. Verrière ne lui devait rien, n’est-ce pas ? Il se hâta de protester :

— Oh ! Cela ne fait rien. Votre invitation m’a fait si grand plaisir !

— Asseyez-vous donc.

Une pièce sommairement meublée et qui ne ressemblait guère à un cabinet de travail.

— Eh bien, quoi de nouveau depuis l’autre jour ? interrogea Verrière.