L’hôtel-de-ville avec ses fenêtres cintrées garnies de rideaux, l’église avec ses fenêtres cintrées aussi mais sans rideaux.
Vous avez entendu les laveuses qui tapent fort sur le linge, mais elles font encore plus de bruit avec leurs langues qu’avec leurs battoirs ;
Les coqs qui n’arrêtent pas de chanter, et les poules qui ne chantent qu’après avoir pondu ;
Le marteau du maréchal-ferrant et le ciseau du tailleur de pierres ;
Le vent d’hiver dans les sapins et la brise d’été dans les tilleuls ;
Les glas pour les enterrements, les claires sonneries pour les grandes fêtes ;
Le treuil du puits qui grince, le balancier de la pompe qui, manœuvré trop fort, vient cogner, avec un bruit mat, contre le tuyau ;
Les gamins qui s’appellent les uns les autres, et Mme Leprun qui appelle le sien parce qu’elle ne veut ni qu’il se salisse, ni qu’il se déchire.
Comme si les maisons étaient trop petites pour la contenir, la vie se répand au dehors. Il y a des caves et des greniers : et l’on voit dans les rues des tonneaux et du bois. Les rues ne sont que dépendances des maisons : en elles se prolongent les gestes, s’amplifient les appels et les cris familiers. C’est pourquoi les femmes regardent avec plus d’irritation que de curiosité les étrangers qui passent, comme s’ils entraient sans frapper dans une longue chambre qui ne leur appartient pas.
Si oui, dans ces chemins vous avez vu des flaques de boue et des sources pures ;