Une taupe morte, sur le dos, ses courtes pattes en l’air, pareilles à des mains qui supplient ;

Un écureuil bien vivant qui ne fait qu’un saut de la haie du champ à la lisière du bois ;

Des bœufs qui s’avancent cornes écartées, pas méchants et dont on a peur tout de même quand on ne les connaît point par leurs noms ;

Un âne qui sait se conduire tout seul et que le père Tharé n’a pas besoin de tenir par la bride ;

Un rat qui se cache sous des brindilles crissantes ;

Trois corbeaux qui partent gênés, dirait-on, par leurs ailes lourdes ;

Deux pies qui dansent, légères, sur l’herbe du pré.

Vous êtes entré dans des bois de chênes et de hêtres en butant sur du granit et d’énormes racines. Vous y avez vu un étang desséché dont des roseaux et des joncs précisent encore l’emplacement ; au milieu s’éternise un peu de vase où sautent des grenouilles. Quelques aulnes, qui ne peuvent plus se mirer dans l’eau, continuent de pousser sur la chaussée ; la pelle, avec ses montants vermoulus et ses ferrures rongées par la rouille, ne va pas tarder à tomber en morceaux.

Vous y avez vu d’autres étangs pleins à déborder, entourés de verdure et d’un grand silence. Sans doute, à la nuit, les chevreuils y viennent-ils boire.

Vous y avez entendu les tourterelles en liberté ;