Il avait bien choisi son moment ! La séparation de l’Église et de l’État venait d’être votée, mais est-ce qu’il en savait quelque chose !… En eût-il entendu parler, d’ailleurs, que c’était trop compliqué pour qu’il en saisît le premier mot. M. le Curé en leva les bras au ciel.

— Une augmentation, père Petit ! Mais vous n’y pensez pas !…

— C’est que les temps sont durs pour le pauvre monde, Monsieur le Curé !

Ils le furent bien davantage quand on lui eut dit :

— C’est à prendre ou à laisser.

Il répondit sans hésitation :

— Eh bien, ma foi, je laisse.

Se considérant comme indispensable, il pensait qu’on insisterait pour le retenir. Il n’en fut rien.

Deux, trois, quatre semaines il attendit qu’on vînt le supplier de revenir. Il avait fait preuve d’indépendance : il aurait recommencé pour le même prix. Après tout, les billets de cent francs, il n’en pleut pas dans nos rues. Il s’étonnait d’entendre sonner les cloches comme par le passé. Le premier dimanche sa femme alla tout de même à la grand’messe, pour voir. C’était un enfant de chœur qui distribuait une partie du pain bénit, mais avec moins d’élégance, estima-t-elle, que le Donjon. Pourtant chacun en eut sa part. Personne ne mourut de faim.

Il finit par n’y plus penser. Il reprit sa vie d’autrefois. Lorsqu’il se rappelait ces dix années de travail acharné, il se passait la main sur le front comme pour se débarrasser d’un mauvais rêve. Et, pourtant, il commençait à s’habituer au premier Janvier et à la Saint-Firmin…