68. — Il dit : Le cri juif et aussi le sang de son agneau, sont le levain dans le mélange, mais si cette race bronche, on la mettra en dehors.

69. — Moi : C’est attenter à l’homme que de le murer dans tous les hommes au nom d’un seul péché. Et qui donc est-on pour se permettre de dire : personne, ici-bas, n’est innocent ! L’amour de Dieu nous rachètera, dis-tu. Ce sont là des amusements de princes.

70. — Et ce n’est pas après l’injustice, à savoir après la vie, qu’il faut faire la justice. C’est au fils de l’homme que la justice doit être bonne. Cela n’a-t-il point été écrit ? Au fils de l’homme, dis-je, non à son ombre future.

71. — Et tu mets par des formules un double fond aux sépultures.

72. — Tu assailles l’esprit par son trou, à savoir la peur de la mort, et tu le lapides avec les pierres tombales ; encore que tu prétendes, avec ta bouche, remplacer la mort par le mot d’éternité ; et tu fais de Dieu le complice de ceux qui persécutent.

73. — Dieu a dit — , dit Paul.

74. — Ce Dieu ! dis-je, il a dit : vous mourrez ! C’est le Serpent qui a dit : vous ne mourrez nullement. Annoncer aux hommes qu’ils ne mourront point, c’est souffler aux damnés d’ici-bas le conseil satanique de ne point vivre leur vie, et faire qu’ils perdent les pauvres jours qu’ils ont — sous l’enseigne d’un cadavre vivant.

75. — Mais, dit-il, un Dieu rachetant les hommes par ses souffrances, n’est-ce point merveilleusement beau ?

76. — Je dis : Démagogue !

77. — Et puis, ajouta-t-il, si notre foi se met dans l’au-delà, les puissants du monde ne seront pas gênés, et nous laisseront tranquilles.