78. — Tu te trompes, dis-je, en prétendant coudre la vérité à des lois fantômes. Tu montreras seulement combien l’amour des hommes pour Dieu est un sentiment contre nature.

79. — La réponse fut : C’est pour cela que nous disons : C’est surnaturel.

80. — Il s’écria et dit : Il est écrit : J’abolirai la sagesse des sages et j’anéantirai la science des intelligents. Dieu n’a-t-il pas fait voir que la sagesse de ce monde n’était qu’une folie ? Et il lui a plu de sauver par la folie que nous prêchons, ceux qui croiraient.

81. — Je dis : Sophiste !

82. — De loin, il semblait un prophète d’Israël, mais de près, montait de sa robe l’odeur du calcul grec.

83. — C’est défendu, dis-je, de donner à la justice une autorité qui roulera en poussière lorsque l’homme ouvrira les yeux.

84. — Car il les ouvrira.

85. — Il reconnaîtra que la grandeur de l’homme est de l’homme ; il reconnaîtra aussi que la grandeur des hommes est des hommes.

86. — Et c’est ainsi que le destin de l’homme et celui des hommes seront pareils de ressemblance.

87. — Ton changement n’est pas un changement, et tu te donnes beaucoup de mal pour rien.