CHAPITRE XXX
1. — Tout était couvert d’une toile de soleil, et empli de joie, lorsque j’entrai à Jérusalem pour retrouver le peuple auquel j’avais donné rendez-vous.
2. — J’étais monté sur le poulain d’une ânesse et mes disciples agitaient des palmes, et les gens accouraient, disant : Qu’est-ce que c’est ? et semblaient heureux de me regarder.
3. — Et le rêve noir se dissipait en moi à cause des prodigalités du soleil.
4. — Et un aveugle assis sur une pierre, demande ce qu’il y a, et alors, tournant à peu près vers moi sa face où l’ombre est invisible, m’appelle en criant à haute voix, et un homme sur qui la lèpre a neigé parvient jusqu’à moi, grâce à l’horreur de sa cuirasse, et un autre aveugle, s’approchant de moi avec ses mains, me transmet son angoisse, disant : j’ai tout un monde derrière moi.
5. — Quand nous arrivâmes au Temple, je vis, déjà assemblés, les chefs de la race sacerdotale et les sénateurs d’Israël.
6. — Et il y avait, plus loin, des faces romaines.
7. — Et en voyant ces gens, les paroles de l’homme du chemin de Damas me revinrent à l’esprit.
8. — Et tous, ils étaient émus d’envie contre moi, et moi je fus ému de colère contre eux, car c’est d’eux que vient et que viendra tout le mal.
9. — Ils n’osaient rien dire, étant au bord du peuple qui battait son plein.