85. — Je poussai un cri entre les pierres où je gisais sur les champs de bataille de la réalité, à l’heure nocturne où les hommes et les peuples s’évanouissent en leur lieu, la nuit quand les ténèbres vous poursuivent, et je voulus crier au loin au-dessus de moi : Ne croyez pas en Jésus !

86. — Mais je n’étais pas de force, moi, à crier cela, et je fus forcé d’entendre encore :

87. — Ceux qui te ressembleront, et qui seront toi ressuscité, seront condamnés et tués par ton Eglise, où tu seras un étranger. Gare à ceux qui s’appelleront les Nazaréens ou qui s’appelleront les Pauvres.

88. — Et la religion aura tout repris aux pauvres, ses vraies mères, elle se sera volée aux malheureux.

89. — Elle les enfoncera plus avant dans les bas-fonds terrestres, et leur ôtera la lumière et la joie.

90. — Une religion à deux faces,

91. — Qui fera le mal sur la terre, mais qui dira sous le ciel, répétant la belle leçon que tu as trouvée : Ecoutez comme je dis le bien.

92. — Et elle soulèvera l’exécration et la colère des justes,

93. — Qui seront les vaincus des siècles.

94. — Comme toi.