47. — J’ai vaincu le monde !

48. — Et c’est à cet instant que ma tête s’abaisse et que les cieux se fendent dans mon cri.

49. — Fin de l’évangile de Jésus, fils de Marie.

50. — Qu’il vienne à votre secours, à vous qui êtes tourmentés, à vous qui, cherchant une force à la loi morale et à la certitude, désespérant trop de la toute-puissance humaine, tâtonnez encore vers des Dieux dans des nuées, écoutez les paroles du vent qui passe, et vous cognez aux grilles de lumière et au plafond d’azur ; ainsi qu’à vous qui, rangés en ordre, aujourd’hui où presque toutes les nations du monde sont entre les mains des hypocrites, mettez l’idée pure, sage, et juste, de la Révolution dans la grande âme religieuse de l’humanité. Ainsi soit-il.

TABLE

I.— C’est au fond qu’est la richesse[5]
II.— Les parents perdus[15]
III.— Le Liseur et les lettres[19]
IV.— La Révolution[23]
V.— Le frère inexplicable[31]
VI.— La couronne[35]
VII.— La porte sur le monde[37]
VIII.— Les jours et les œuvres[45]
IX.— Mon père mourut[53]
X.— Priscilla, ou : Chacun et tous[57]
XI.— Nicodème, ou : La vie et la mort[71]
XII.— Vérité et réalité[79]
XIII.— Marche ![85]
XIV.— L’homme et le vent[89]
XV.— La couronne d’épines[93]
XVI.— Hier, aujourd’hui, demain[97]
XVII.— Marthe et Marie[101]
XVIII.— La douceur de la force[103]
XIX.— La Tour des Hommes[109]
XX.— Sermon sur la montagne[117]
XXI.— Le mariage du mal et de la bonté[125]
XXII.— Dieu de ma justice ![131]
XXIII.— La porte sur le Royaume[141]
XXIV.— Communauté[147]
XXV.— Les étoiles sont enracinées par terre[155]
XXVI.— Je ne savais pas[157]
XXVII.— Israël seul[159]
XXVIII.— Le mélange[173]
XXIX.— Apocalypse du futur[185]
XXX.— Sermon du Temple[197]
XXXI.— Le trésor pratique[211]
XXXII.— Voici l’homme[221]
XXXIII.— Juges[233]
XXXIV.— La Croix[237]

NOTE

J’exposerai dans un livre — En Suivant Jésus le Juste — les documents, les indices et les raisons qui m’ont éclairé dans ma tentative de remonter jusqu’au vrai passé, et de rencontrer Jésus, l’homme divinement homme qui a, plus que tout autre, compris, situé, et orienté l’homme.

Nous entrons à peine dans la période où la critique indépendante a conquis le droit d’envisager les origines du christianisme d’une façon positive et objective, et d’y apporter la lumière. C’est donc d’hier qu’est née véritablement l’exégèse chrétienne. Elle a déjà déblayé ce qu’on pourrait appeler les ruines de cette grande question, et révélé, sans réplique, bien des erreurs, bien des calculs, bien des falsifications. Il est établi aujourd’hui que les Livres canoniques, et les traditions chrétiennes consacrées non seulement par l’orthodoxie, mais même par l’enseignement officiel, ne méritent historiquement que peu de créance. Il n’est peut-être pas, depuis que les hommes croient recueillir leurs annales, de cas où la superstition, appuyée par les procédés ordinaires de contrainte de « l’Ordre Etabli », ait à ce point, et pendant si longtemps, tenu tête à l’histoire.

Je suis de ceux qui pensent que l’écrivain n’a pas le droit de traiter de tels sujets à sa fantaisie et selon son goût personnel. L’écrivain, homme public, n’a pas le droit de se tromper, car en se trompant, il trompe. Il est tenu de vérifier scrupuleusement ce qui lui passe par la tête avant de l’exprimer, et lorsqu’il s’attache à copier un Personnage du passé, d’obéir à son modèle.