48. — Cette pauvresse-là, me dit : Je n’ai qu’un peu de farine. Fais-en, dis-je, deux galettes et donne-m’en une. Oui, dit-elle. Nous les mangerons, dit-elle, puis nous mourrons. Et cette pauvresse était tremblante pour tout cela, et à cause de la pluie.
49. — Ils travaillent et se plient. Ils enfantent les choses en travail, comme des femmes, tous les jours. Tous les jours, ils sont mangés par la faim. L’armée de la terre n’a pas le temps de vivre et est pareille à des bêtes.
50. — Ils reculent tristement de la naissance à la mort.
51. — Et qu’on leur applique exactement, aux travailleurs, ce qu’Eliphaz Thémanite a dit du méchant dans les Ecritures : Un cri de stupeur est dans ses oreilles. Il court de tous côtés après le pain, disant : Où y en a-t-il ? Et il habite dans les maisons dépouillées et dans les villes salies. Et tout cela le fait marcher vers le roi des frayeurs.
52. — C’est la richesse magique des autres qui fait leurs maux.
53. — Car, ainsi qu’il est écrit, il y a comme une guerre ordonnée aux mortels sur la terre.
54. — Car la règle que décident les riches pour réussir, et l’exemple des riches, font tomber la guerre
55. — Sur les pauvres, et même entre les pauvres.
56. — Le pouvoir qui tombe d’en haut n’a pas le sens de la vérité, et tout cela est mal fait sur la terre.
57. — Car les petits, c’est un géant, et les pauvres, étant presque tous les hommes, sont la richesse de la terre.