16. — Selon la clairvoyance et la justice.

17. — Car l’homme a superposé au réel, à cause de la liberté folle des idées et des mots dans le vide, beaucoup de mondes imaginaires mêlés l’un à l’autre et où il est perdu.

18. — Nicodème dit : Mais n’y a-t-il donc pas en dehors de nous, des choses qui sont vraies ?

19. — Oui, mais il n’est rien de vrai, et non plus, rien de beau ni de grand, qui ne soit tenu dans les grandes lignes de la justice

20. — Qui est en nous.

21. — Isaïe a parlé de l’esprit de l’Eternel sorti du rameau de la tige de Jessé, et dit que c’était l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et d’action, l’esprit de science et de justice. Car si on essaye de regarder la forme de l’esprit, on voit que cette forme est faite de grandes lignes terribles, qui sont l’échafaudage de l’univers, et qui dressent aussi les contours lumineux de l’ange humain. Il faut que la justice vive ses frontières, et que l’homme rende la justice.

22. — Alors il faut séparer parmi les choses celles qui ont la réalité et celles qui n’ont qu’un semblant de réalité.

23. — Pour que la pensée soit le miracle du vrai.

24. — Tout Nicodème que tu sois, tu es plein d’images qui se disputent parce que tu n’as jamais réfléchi jusqu’au fond de ces images et que tu ne les as pas refaites toi-même, sinon tu aurais vu qu’elles ne s’ajustent que sur le dessus, mais se repoussent de toute leur forme.

25. — Et tu accordes un égal crédit à ce qui est apparent et à ce qui est réel ; à ce qui est diabolique et à ce qui est divin ; à ce qui est mort et à ce qui est vivant.