56. — Non. L’ombre n’existe pas. Ce que tu appelles ombre c’est la lumière que tu ne vois pas. Il n’est pas vrai que lorsque vient la nuit le monde change et prenne une couleur noire. Il n’y a pas d’ombre ; il n’y a que plus ou moins de lumière. Ni de silence ; il n’y a que l’espace que parcourt une voix.

57. — Et il n’y a pas d’inconnu. Il n’y a qu’un peu de connu.

58. — Et il n’y a pas de mort. Il n’y a que nous.

59. — Soyez avec moi, ouvrez vos yeux universels, et laissez les morts ensevelir leurs morts.

60. — Nicodème dit : Il est des moments où je vois tout ce que je verrais, si j’étais ressuscité.

61. — Il me demanda : Toi qui montres d’un seul coup toute la mort de la mort, et qui exiges de nous un si grand recommencement, qui donc es-tu ?

62. — Je suis le premier-né des morts.

63. — Car je suis venu pour créer le monde intérieur.

CHAPITRE XII

1. — M’interrogea un jeune homme qui vint à moi comme je marchais dans la rue.