Affairé à se gratter, il causait néanmoins avec le grand Barque qui, un peu écarté, se penchait vers lui.
—J’suis pas sale comme ça dans l’civil, disait-il.
—Ben, mon pauv’ vieux, ça doit salement t’changer! dit Barque.
—Heureusement, renchérit Tirette, parce qu’alors, en fait de gosses, tu f’rais des petits nègres à ta femme!
Blaire se fâcha. Ses sourcils se froncèrent sous son front où s’accumulait la noirceur.
—Qu’est-c’que tu m’embêtes, toi? Et pis après? C’est la guerre. Et toi, face d’haricot, tu crois p’t’être que ça n’te change pas la trompette et les manières, la guerre? Ben, r’garde toi, bec de singe, peau d’fesse! Faut-il qu’un homme soye bête pour sortir des choses comme v’là toi!
Il passa la main sur la couche ténébreuse qui garnissait sa figure et qui, après les pluies de ces jours-ci, se révélait réellement indélébile, et il ajouta:
—Et pis, si j’suis comme je suis, c’est que j’le veux bien. D’abord, j’ai pas d’dents. Le major m’a dit d’puis longtemps: «T’as pus une seule piloche. C’est pas assez. Au prochain repos, qu’i’ m’a dit, va donc faire un tour à la voiture estomalogique.»
—La voiture tomatologique, corrigea Barque.
—Stomatologique, rectifia Bertrand.