Le travail est laborieux. Le sol est en pente et la voiture, dès qu’on cesse de s’arc-bouter contre elle et de se cramponner aux roues, recule. Les hommes sombres se pressent sur elle en grinçant et grondant, comme sur un monstre, au sein des ténèbres.

Barque, tout en se frottant les reins, interpelle un des équipiers forcenés:

—Penses-tu y arriver, vieux canard?

—Nom de Dieu! brame celui-ci, tout à son affaire, gare à ce pavé! Vous allez m’fusiller ma bagnole!

Dans un brusque mouvement il bouscule à nouveau Barque, et, cette fois, le prend à partie:

—Pourquoi qu’t’es là, dedans d’fumier, outil!

—Non, mais tu s’rais pas alcoolique? riposte Barque. Pourquoi qu’j’suis là! Elle est bonne, celle-là! Dis donc, bande de poux, tu m’la copieras!

—Rangez-vous! crie une voix nouvelle qui conduit des hommes pliés sous des faix disparates mais pareillement écrasants...

On ne peut plus rester nulle part. On gêne partout. On avance, on se disperse, on recule dans cette mêlée.

—En plus, j’le dis, continue Cocon, impassible comme un savant, il y a les Divisions, organisées chacune à peu près comme un Corps d’Armée...