«—Quoi vous dites? Coucher ici? C’est-i’ qu’ vous seriez marteaux? C’est ici le poste de police. J’ suis l’ sous-officier de garde, et il y a des prisonniers boches dans les bâtiments. Et même, j’ vas vous dire, qu’ i’ dit: il faudrait voir à c’ que vous vous fassiez la paire d’ici, en moins de deux. Bonsoir.

«Alors on fait d’mi-tour et on se r’met à r’descendre en faisant des faux pas comme si on était schlass, en glissant, en soufflant, en clapotant, en s’éclaboussant. Un des copains m’ crie dans la pluie et le vent: «On va toujours t’accompagner jusqu’à chez toi; pisqu’on n’a pas d’ maison, on a l’ temps.

«—Où allez-vous coucher?—On trouvera bien, t’en fais pas, pour qué qu’heures qu’on a à passer ici.—On trouv’ra, on trouv’ra, c’est pas dit, que j’dis... En attendant, rentrez un instant.—Un p’tit moment, c’est pas d’refus.» Et Mariette nous voit encore rentrer à la file, tous les cinq, trempés comme des soupes.

«On est là, à tourner et r’tourner dans notre petite chambre qu’est tout ce que contient la maison, vu qu’ c’est pas un palais.

«—Dites donc, madame, demanda un des bonhommes, y aurait-il pas une cave ici?

«—Y a d’ l’eau d’dans, que fait Mariette: on ne voit pas la dernière marche de l’escalier, qui n’en a que deux.

«—Ah zut alors, dit l’ bonhomme, parce que j’ vois qu’y a pas d’ grenier non plus...

«Au bout d’un p’tit moment, i’ s’ lève:

«—Bonsoir, mon vieux, qu’i’ m’ dit. On les met.

«—Quoi, vous partez par un temps pareil, les copains?