«Le gros Macédonien s’y est décidé:

«—On vous a bien emmerdés, hein, ma p’tite dame?

«I’ disait ça pour montrer qu’il était bien élevé, l’ vieux frère.

«Mariette le r’mercie et lui tend la main.

«—C’est rien d’ ça, monsieur. Bonne permission!

«Et moi, j’ te la serre dans mes bras et j’ te l’embrasse le plus longtemps que j’ peux, pendant une demi-minute... Pas content—dame, y avait d’ quoi!—mais content tout de même que Mariette n’ait pas voulu fiche dehors les camarades comme des chiens. Et j’ sentais aussi qu’elle me trouvait brave de ne l’avoir point fait.

«—Mais c’est pas tout ça, dit l’un des permissionnaires en rel’vant un pan d’ sa capote et en fourrant sa main dans sa poche de froc. C’est pas tout ça; combien qu’on vous doit pour les cafés?

«—Rien, puisque vous avez habité cette nuit chez moi; vous êtes mes invités.

«—Oh! madame, pas du tout!...

«Et voilà-t-il pas qu’on s’ fait des protestations et des petits saluts les uns devant les autres! Mon vieux, tu diras ce que tu voudras, on n’est que des pauvres bougres, mais c’étai’ épatant, cette petite manigance de politesses.