—Tiens, v’la Tirloir. Eh! Tirloir!
Il approche affairé, flairant de-ci, de-là; sa mince tête, pâle comme le chlore, danse au milieu du bourrelet de son col de capote beaucoup trop épais et large. Il a le menton taillé en pointe, les dents de dessus proéminentes; une ride, autour de la bouche, profondément encrassée, a l’air d’une muselière. Il est, selon son ordinaire, furieux, et, comme toujours, il rousse:
—On m’a fauché ma musette, c’te nuit!
—C’est la relève du 129. Où c’que tu l’avais mise?
Il désigne une baïonnette fichée dans la paroi, près d’une entrée de cagna:
—Là, pendue à c’cure-dents qu’est planté ici là.
—Ballot! s’écrie le chœur. A la portée de la main des soldats qui passent! T’es pas dingue, non?
—C’est malheureux, tout de même, gémit Tirloir.
Puis, tout d’un coup, il est pris d’une crise de rage; sa face se chiffonne, furibonde, ses petits poings se serrent, se serrent, comme des nœuds de ficelle. Il les brandit.
—Alors quoi? Ah! si je tenais la carne qui me l’a faite! Tu parles que j’y casserais la gueule, que j’y défoncerais le bide, que j’y... Y avait dedans un camembert pas entamé. J’vas encore chercher.