Un sifflement. Tiens, une balle perdue.
Une balle? Allons donc! C’est un merle!
C’est drôle comme c’était pareil... Les merles, les oiseaux qui crient doucement, la campagne, les cérémonies des saisons, l’intimité des chambres, habillées de lumière... Oh! la guerre va finir, on va revoir à jamais les siens: la femme, les enfants, ou celle qui est à la fois la femme et l’enfant, et on leur sourit dans cet éclat jeune qui, déjà, nous réunit.
...A la fourche des deux boyaux, sur le champ, au bord, voici comme un portique. Ce sont deux poteaux appuyés l’un sur l’autre avec, entre eux, un enchevêtrement de fils électriques qui pendent comme des lianes. Cela fait bien. On dirait un arrangement, un décor de théâtre. Une mince plante grimpante enlace l’un des poteaux et, en la suivant des yeux, on voit qu’elle a déjà osé aller de l’un à l’autre.
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* *
Bientôt, à longer ce boyau dont le flanc herbeux frissonne comme les flancs d’un beau cheval vivant, nous aboutissons dans notre tranchée de la route de Béthune.
Voici notre emplacement. Les camarades sont là, groupés. Ils mangent, jouissent de la bonne température.
Le repas fini, on nettoie les gamelles ou les assiettes en aluminium avec un bout de pain...
—Tiens, y a plus de soleil!
C’est vrai. Un nuage s’étend et l’a caché.