Et il tend sa manche réséda et son battoir de chêne frotté d’un brou de noix qui s’est déposé dans les plis de la paume—, et terminé par des ongles violâtres.

Pépin grommelle, se fouille, et tire de sa poche une pincée de tabac mêlée de poussière qu’il donne au tirailleur.

Un peu plus loin, on rencontre une sentinelle qui dort à moitié au milieu du soir, dans des éboulis de terre. Ce soldat à moitié éveillé dit:

—C’est à droite, puis encore à droite, et alors tout droit. Ne vous gourez pas.

Ils marchent. Ils marchent longtemps.

—On doit être loin, dit Volpatte au bout d’une demi-heure de pas inutiles, et de solitude encaissée.

—Dis donc, ça descend bougrement, vous ne trouvez pas? fait Blaire.

—T’en fais pas, vieux panneau, raille Pépin. Mais si t’as les grelots, tu peux nous laisser tomber.

On marche encore dans la nuit qui tombe... La tranchée toujours déserte—un terrible désert en longueur—a pris un aspect délabré et bizarre. Les parapets sont en ruines; des éboulements font onduler le sol comme des montagnes russes.

Une appréhension vague s’empare des quatre énormes chasseurs de feu, à mesure qu’ils s’enfoncent avec la nuit dans cette sorte de chemin monstrueux.