Je me remémore la face glauque et hirsute du mort.
—Oui, en effet, il y a quelque chose sur la joue, là. Oui, peut-être elle est entrée là...
—Attention! me dit précipitamment Paradis, le voilà! Il n’aurait pas fallu rester ici.
Mais nous restons quand même, irrésolus, balancés, tandis que Joseph Mesnil s’avance droit sur nous. Jamais il ne nous a paru si frêle. On voit de loin sa pâleur, ses traits serrés, forcés; il se voûte en marchant et va doucement, accablé par la fatigue infinie et l’idée fixe.
—Qu’est-ce que vous avez à la figure? me demande-t-il.
Il m’a vu montrer à Paradis la place de la balle.
Je feins de ne pas comprendre, puis je lui fais une réponse évasive quelconque.
—Ah! répond-il d’un air distrait.
A ce moment, j’ai une angoisse: L’odeur. On la sent et on ne peut pas s’y tromper. Elle décèle un cadavre. Et peut-être qu’il va se figurer justement...
Il me semble qu’il a tout d’un coup senti le signe, le pauvre appel lamentable du mort.