Paradis nous apprend qu’il a l’habitude des cafés. Il a souvent, jadis, hanté, le dimanche, des cafés aussi beaux et même plus beaux que celui-là. Seulement, il y a longtemps et il avait, explique-t-il, perdu le goût qu’ils ont. Il désigne une petite fontaine en émail décorée de fleurs et pendue au mur.

—Y a d’ quoi se laver les mains.

On se dirige, poliment, vers la fontaine. Volpatte fait signe à Paradis d’ouvrir le robinet:

—Fais marcher l’ système baveux.

Puis, tous les cinq, nous gagnons la salle déjà garnie, dans son pourtour, de consommateurs, et nous nous installons à une table.

—Ce s’ra cinq vermouth-cassis, pas?

—On s’rhabituerait bien, après tout, répète-t-on.

Des civils se déplacent et viennent dans notre entourage. On dit à demi-voix:

—Ils ont tous la croix de guerre, Adolphe, tu vois...

—Ce sont de vrais poilus!