Et bien au-dessus des regards enfiévrés qui sont à terre, des corps sur qui s’étage la boue des bas-fonds terrestres et des champs gaspillés, tout cela afflue des quatre coins de l’horizon, et refoule l’infini du ciel et cache les profondeurs bleues.

Et ils sont légion. Il n’y a pas seulement la caste des guerriers qui hurlent à la guerre et l’adorent, il n’y a pas seulement ceux que l’esclavage universel revêt d’un pouvoir magique: les puissants héréditaires, debout çà et là par-dessus la prostration du genre humain, qui appuient soudain sur la balance de la justice, parce qu’ils entrevoient un grand coup à faire. Il y a toute une foule consciente et inconsciente qui sert leur effroyable privilège.

—Il y a, clame en ce moment un des sombres et dramatiques interlocuteurs, en étendant la main comme s’il voyait, il y a ceux qui disent: «Comme ils sont beaux!»

—Et ceux qui disent: «Les races se haïssent!»

—Et ceux qui disent: «J’engraisse de la guerre, et mon ventre en mûrit!»

—Et ceux qui disent: «La guerre a toujours été, donc elle sera toujours!»

—Il y a ceux qui disent: «Je ne vois pas plus loin que le bout de mes pieds, et je défends aux autres de le faire!»

—Il y a ceux qui disent: «Les enfants viennent au monde avec une culotte rouge ou bleue sur le derrière!»

—Il y a, gronda une voix rauque, ceux qui disent: «Baissez la tête, et croyez en Dieu!»

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