Voyant que la belle comtesse serait inflexible, il se prit à l’honorer avec tout le respect imaginable. Il lui chercha un parti digne d’elle et lui trouva Charles du Plessis, sieur de Liancourt. Une seule chose arrêta la dame; c’était ce nom de Liancourt qui appartenait à Nicolas d’Amerval, mari de Gabrielle d’Estrées. Elle voulut bien le mariage, mais exigea de ne jamais porter ce nom. Il fallut en passer par là.
En 1601, Henri IV la présenta à Marie de Médicis comme dame d’honneur, «sans fraude», et elle en reçut l’office à 1,200 livres de gages. Elle apparaît toute seule dans les comptes sous cette rubrique spéciale, comme si on n’eût osé lui donner des compagnes moins dignes de ce titre; elle y resta trente et un ans[55].
Elle mourut le 5 janvier 1632. Elle fut une des rares dont les méchantes langues n’aient point glosé, une des plus belles cependant et des plus aimables. Gardons-nous toutefois de chercher trop loin et laissons à Mme de Guercheville cette auréole extraordinaire de femme de la cour de France demeurée chaste au temps où Brantôme écrivait ses menteries de haute graisse, et ses tranquilles horreurs sur les grandes généralement quelconques.
FIN.
Sceaux.—Imprimerie Charaire et fils.
FOOTNOTES:
[1] Rouard, François Ier chez Mme de Boisy. Paris, Aubry, 1863, in-4o. La légende vient du P. Saint-Romuald.
[2] «Pierre Foulon, painctre de M. de Boisy, natif d’Envers.» De Laborde, Comptes des bâtiments du roi, t. II, p. 366-67. Ce fut vraisemblablement cet artiste qui peignit les portraits du grand maître Arthur de Gouffier, conservés autrefois à Oiron, et que Gaignières avait fait copier au XVIIe siècle.
[3] Archives de l’art français, t. III, p. 41.