L’enfant partit du côté de la ferme qu’on voyait dans le lointain.
—Pourvu, continua l’autre, qu’il ne fasse pas comme celui que le patron avait mis l’autre jour dans la caisse de son cabriolet!
—Qu’est-ce qu’il a fait?
—Mon cher, quand il est arrivé, on n’a pas pu, par aucun effort, le faire remuer. Il était attaché aux planches comme une patelle sur un rocher, la tête et le museau cachés en dessous de ses piquants. A la fin, le patron se rappela que quand nous voulons enlever des patelles nous passons dessous une lame de couteau; il m’envoya chercher une bêche, la passa sous l’animal et le souleva. Il se mit à braire dans le coffret et nous eûmes bien du mal à le prendre par une des jambes de derrière.
—Bah!
—Sans doute. C’est le seul endroit par lequel on puisse le tenir! aussi, tu vois bien que c’est par là que j’ai attaché le nôtre...
La voiture vint, les gamins y montèrent le malheureux échidné au moyen de la corde qui le tenait et partirent vers la ferme.
J’avais eu le temps de remarquer que tous deux—lui et l’ornithorhinque que j’avais vu—étaient des mâles, parce tous deux avaient, au pied de derrière, un fort éperon percé pour répandre une liqueur dans la plaie. La glande qui la fournit est même visible chez les deux.
Cependant, l’un et l’autre ne se servent jamais de cet éperon et sont absolument inoffensifs!
Dans quel but le portent-ils?