Que disais-je donc que mon pays était inhabité, désert? que le danger ne s’y présentait sous aucune forme? Hélas! le danger y existe comme partout. La vie, dans notre monde sublunaire, n’est qu’un combat; vœ victis est la loi générale!

Et j’arrivai cependant peu à peu à la lande de Pora... ô ma belle patrie!

Voilà donc le carrefour des chemins avec la croix obligée: bâtie en bois, elle porte sur sa tige principale une petite niche, grillée de fer, dans laquelle la piété du paysan a placé une bonne Vierge de plâtre. A droite et à gauche de la croix, un tilleul énorme, mais bientôt sans feuilles, étend ses branches bienfaisantes et offre une ombre épaisse, en été, au voyageur fatigué.

La barrière du champ voisin est renversée; la porte est ouverte, et je vois le laboureur passer en chantant sa chanson et guidant sa charrue, dont l’essieu crie lamentablement. Il suit le large chemin de la lande; ce chemin des pays pauvres avec sa physionomie toute particulière. Quel bonheur pour moi de revoir la terre rouge apparaissant le long des grandes ornières qui se croisent en cet endroit où le chemin semble s’étaler sur la campagne, tandis que plus loin, en meilleur endroit, nous le verrons étroit et encaissé!!...

Une heure après, j’avais passé sur les pierres blanches et j’arrivais au milieu des miens. La fourmilière avait été réparée, reconstruite après la catastrophe de la découverte du trésor.

Je trouvai là de nombreux enfants qui ne me connaissaient point; mais quelques vieilles fourmis de mon âge existaient encore et hantaient l’infirmerie, qui, en me regardant fixement dans les yeux un moment, me reconnurent... Bientôt nous avons croisé les antennes et parlé des souvenirs d’autrefois!

QUELQUES VIEILLES FOURMIS HANTAIENT L’INFIRMERIE.....

Ce fut une ovation véritable lorsqu’on sut qu’Hercule était revenu! Je suis le héros légendaire de toutes les fourmilières de la contrée. Maintes fois j’ai dû conter aux enfants mon odyssée, et, certes, je n’ai pas fini!