—Pauvre mère!

—Je n’ai pas perdu cependant tout espoir de les délivrer... C’est peut-être le ciel qui vous envoie vers moi, et si vous vouliez me venir en aide, nous parviendrions, peut-être, à les rendre à la liberté et à mon amour.

—Comment faire?

—J’ai reconnu, par de légers duvets épars sur le lieu du sinistre, qu’ils ont essayé de se sauver. Hélas! que n’étais-je là pour les secourir ou mourir avec eux!

—Oui, vraiment, dis-je à ma nouvelle amie, je ferai tout mon possible pour vous venir en aide. Comptez sur un ami!

—S’il en est ainsi, suivez-moi. Les moissonneurs vont dormir une heure: la chaleur excessive et le travail auquel ils se livrent les obligent à prendre quelque repos. Cherchons à reconnaître, parmi eux, quel est le maître. C’est lui qui doit posséder ma nichée. Nous le suivrons vers sa maison et j’aurai bientôt découvert où sont mes enfants... Le cœur de leur mère le saura deviner!

—Partons, répondis-je enflammé d’un beau zèle.

—Pas avant que je vous aie remercié, jeune étranger, de l’aide désintéressée que vous me fournissez. Fasse Dieu que vous ignoriez toujours des douleurs semblables à la mienne!

D’un coup d’aile nous volions autour des travailleurs, et il nous fut aisé de distinguer qui marchait en tête de l’escouade et qui donnait les ordres.

—Hélas! mon ami Pierrot, nous serons obligés d’attendre jusqu’au soir!