Si nous essayions de nous renseigner?... Personne ne peut trouver mauvais que je m’informe où il faut aller pour le bien général de la chose publique.
Je me dirigeai immédiatement vers les gardiennes de la mère pondeuse, les plus vieilles fourmis de la fourmilière et les plus expérimentées.
—Mère Anille, dites-moi? on veut donc aller chasser aux vaches?
—Oui, mon enfant.
—Ah!... eh bien!... vieille mère, qu’est-ce que c’est que cela? Est-ce qu’il y en a beaucoup?
—Jour de Dieu, mon enfant! s’il y en a... Les hommes prétendent qu’ils connaissent plus de trois cents espèces, rien que de Coléoptères qui vivent chez nous ou chez nos cousins!... On en connaît aussi parmi les Orthoptères, parmi les Homoptères...
—Tu peux te taire, ça m’est égal! On m’a dit que les staphylins formaient un excellent bétail, donnant un sucre exquis par une saillie à poils soyeux qu’ils ont sur l’abdomen.
—On a eu raison de te dire cela, mon fils. On appelle ces insectes-là des Myrmédonies, et ils ont des cousins appelés Loméchuses, qui fournissent une délicieuse liqueur. Ce sont les Myrmiques à aiguillons qui conservent ces précieux bestiaux qu’elles savent capturer. Aussi vivent-elles dans l’abondance et les festins continuels. Mais il y aura un rude combat à livrer!
—Ah!...
—Certes, mon fils. Il vaut mieux nous procurer des Loméchuses, ce sont là de vrais animaux domestiques, à la bonne heure!