Un second jour s’écoula lentement, sans sa visite... Où était-il mon Dieu?... malade?...

Un troisième jour passa... Mes provisions étaient épuisées. Les reliefs que je dédaignais dans l’abondance, je les avais tous consommés! Plus rien!... Il viendra demain...

La faim me torturait... Mourir! mourir! Ce mot me tintait lugubrement aux oreilles... Et il ne vient pas!...

Je contemplais, pour la centième fois, les alentours de ma prison de verre: partout le silence et le désert! Lorsque, levant les yeux au plafond, il me sembla voir que le couvercle du compotier, placé un peu de côté, par mégarde, ne fermait pas exactement, et que je pourrais peut-être me glisser par l’ouverture...

Mais comment monter là?...

A l’œuvre! Il faut essayer...

Je pris, à brassées, les détritus de fruits qui remplissaient ma prison, queues en bois immangeables, pelures, pepins, épluchures sèches, dures comme le fer, et je les enchevêtrai. Je les accumulai de la manière qui me sembla la plus solide. J’étais fort et j’avais reçu de bonnes leçons dans mon enfance. Je travaillai ainsi dans les angoisses de la faim, avec un acharnement sans égal. Il fallait vaincre ou mourir!...

Je vainquis... Je passai!...

Et tombai sur la table presque inanimé.

Heureusement, un pain à cacheter qui se trouva à côté de moi me permit de ranimer mes forces. Je tombai dans un porte-crayon et, aux premiers rayons du soleil, je me mis en quête d’un moyen de sortir du cabinet.