J’en étais là de mes réflexions, mollement bercé par la brise, quand un grand bruit se fit autour de nous. Des nègres couraient à toutes jambes vers la ville en criant:
—Tanoca! Tanoca!...
Qu’est-ce que cela voulait dire?
—Tant mieux, répondaient quelques promeneurs blancs, qu’elles soient les bienvenues!
—Tanoca, Tanoca arrivent! Pittaz avant...
En même temps j’aperçus quelques oiseaux voltiger par la campagne. Il n’y en avait pas tout à l’heure, et je m’aperçus vite que leur nombre croissait de minute en minute...
Cela devenait inquiétant.
Je me laissai tomber de mon ombellifère et, montant d’un seul trait au haut du plus grand arbre voisin, j’arrivai, non sans avoir échappé à plusieurs lézards, jusqu’à la dernière feuille et, de là, je vis une nuée d’oiseaux qui arrivait. Il y en avait beaucoup parmi eux qui brillaient des plus belles couleurs de l’arc-en-ciel; tous avaient la forme de nos grosses grives. Cela me fit réfléchir; je savais ce que j’avais à craindre des grives et de toute leur séquelle... Il fallait aviser.
Je descendis précipitamment et j’entendis quelques nouveaux cris:
—Voici les brèves! Vivent les fourmiliers!...