—Oui. Il n’est pas bien de dire du mal de son voisin.
—Oh! entre nous.
—C’est vrai, cela ne tire pas à conséquence. Allons, je vous avouerai que je les crois trop peu intelligentes pour savoir construire comme nous.
—C’est bien possible.
—Vous voyez, elles emploient le crottin de cheval; leur nid est tout près du sol. Vous en verrez d’autres qu’elles bâtissent sur les tiges des roseaux avec la même matière. C’est leur goût, soit!
Nous étions arrivés au sol sur ces entrefaites, et mon amie me conduisit à certains fruits très succulents tombés sous l’arbre qui les produisait. En passant je vis, dans le voisinage, des espèces de champignons sans queue, des sortes d’éponges, de... je ne sais quoi, posé sur le sol, au milieu des feuilles sèches.
—Qu’est-ce que cela? demandai-je à ma compagne.
—C’est encore le nid de nos cousines, et, qui plus est, d’une espèce qui, comme moi, porte deux épines aiguës.
—Merci, fis-je en moi-même, voilà un voisinage bien agréable... Je crois que je tombe ici de fièvre en chaud mal. Vraiment, dis-je tout haut pour la faire causer.
—Oui. Celle-ci se nomme la Polyrachis hispinosa, et certainement rien ne ressemble moins à une fourmilière que le nid qu’elle fait.