—Espion, si vous le voulez. J’appartiens à l’espèce des fourmis-chasseresses, que les hommes ont baptisées Anomma arcens. Nous avons envie de faire une expédition par ici et j’attends une réponse de l’armée que je crois en marche.

—Combien êtes-vous donc ici?

—En avant, nous étions dix ou douze... J’en ai envoyé plus de la moitié au-devant de la colonne; moi-même j’y vais.

—Voulez-vous me permettre de me joindre à vous?

—Volontiers. Mais il faut que je vous mette au courant de certains signes de ralliement, sans lesquels vous seriez immédiatement attaquée et dévorée. Avec ces signes, vous êtes des nôtres; on vous respectera. D’ailleurs, ne me quittez pas, vous me plaisez; vous allez assister à notre razzia et vous vous amuserez.

—Grand merci, cousine.

Et elle me montra comment il fallait placer mes antennes et mes palpes. Une fois en possession de ces mots de passe, je la suivis très volontiers.

—S’il s’agit de se battre, lui dis-je, vous verrez que les Français ont du cœur!

—Je n’en doute pas un instant, me dit-elle. Voici nos camarades qui nous rejoignent.

Je fus terrifié.