Je vis venir à notre rencontre une demi-douzaine d’individus très semblables à nous, il est vrai, mais les uns offraient une taille dont je n’avais aucune idée. Certes on me reconnaissait, dans ma tribu, une belle prestance, et je fus flatté de voir venir un soldat plus petit, que moi; mais j’en avais trois devant moi dont la taille atteignait celle d’un perce-oreille: plus de quinze millimètres! quel colosse!!...

Je fis les signes voulus; mon ami me présenta à eux et je devins de la bande.

J’étais, je l’avoue, fort intrigué de ce qu’ils venaient faire dans les environs de la maison du marchand d’arachides; les explications de mon ami ne m’avaient pas satisfait.

—Nous sommes venus visiter la basse-cour.

—Pourquoi faire?

—Pour découvrir les poules et puis les cochons. Nous y arriverons maintenant un de ces jours, quand nous voudrons.

—Que voulez-vous en faire?

—Les manger.

—Ah!

—Mais oui. En ce moment l’armée doit tracer son chemin.