Arrivé au pied de la colline, le Castor longea sa base pendant quelques minutes, puis il s'engagea dans un étroit défilé conduisant au versant opposé.
--Oach! dit le sorcier au Marcheur, nous ne sommes plus qu'à deux railles du lieu redoutable où gît le trésor de Montcalm, le grand guerrier blanc. Les Enfants perdus connaîtraient-ils ce secret?
--Je l'ignore. S'il ne le connaissent pas, il faut les chasser, pour les empêcher de le découvrir, et s'ils le connaissent déjà... alors...
Le trappeur acheva sa pensée en frappant avec force la crosse de sa carabine.
Depuis quelques instants déjà, la marche du Castor s'était ralentie, et il avait fait signe à ses amis de ne plus avancer qu'avec une extrême précaution. Bientôt il ordonna aux Yakangs de s'arrêter; puis prenant à part la Flèche-Noire, le trappeur et Thémistocle:
--Que mes frères me suivent, dit-il, et vous, guerriers yakangs, ne sortez de votre retraite que lorsque vous entendrez retentir le croassement du corbeau.
Mais il eut beau employer tous les moyens possibles de persuasion, il ne put empêcher l'Abeille de se joindre à lui et d'accompagner son mari.
A quelque distance de l'endroit ou ils se trouvaient se dressait une sorte de muraille de rochers qui semblait servir de contrefort à la chaîne de collines. D'épais buissons de gadellier sauvage et de rosiers des savanes en garnissaient le pied, et quelques pins séculaires, étendant sur eux leurs bras touffus, semblaient les protéger.
C'est vers cet endroit que le Castor dirigeait ses amis en rampant dans les hautes herbes et les murettes.
Arrivé à la base des rochers, il écarta avec précaution le feuillage qui masquait la vue et, faisant signe au trappeur et au chef yakang: