--A la tribu des Enfants perdus.

L'Abeille se leva d'un bond l'épouvante peinte sur le visage.

Au même instant, la porte de la loge de la médecine s'ouvrait avec fracas et le vieux sorcier, les vêtements en désordre, les cheveux hérissés, l'oeil brillant de fièvre et d'insomnie, s'élançait sur la place en faisant des gestes de désespoir.

--Aux armes, fils des Iroquois-Yakangs! cria-t-il d'une voix stridente, un grand danger vous menace!

Ce cri fit l'effet d'un coup de foudre au milieu de la population si tranquille du village. En un clin d'oeil, hommes, femmes, enfants furent groupés sur la place, interrogeant anxieusement le vénérable vieillard.

--J'ai vu les corbeaux voler vers l'ouest, disait le sorcier d'un air égarée. Fasse le Grand-Esprit que la Flèche-Noire et ses guerriers prenant l'heure du retour!

A peine ces paroles étaient-elles prononcées qu'une grande clameur, Se levant de derrière les palissades qui entouraient le village, vint jeter l'épouvante dans le coeur des Yakangs.

--Trahison!... C'est le cri de guerre des enfanta perdus! s'écria le sorcier; la Flèche-Noire, notre chef, nous manque; serons-nous vaincus? Guerrier, les! Yakangs sont des braves; montrons aux voleurs du désert que les Iroquois ne sont pas de vieilles femme peureuses et qu'ils savent mourir en braves?

Il y eut d'abord un moment de confusion inexprimable: les femmes et les enfants couraient en tous sens, cherchant un abri. Les hommes, vieux guerriers pour la plupart et habitués de longue date à ces surprises, s'élançaient vers leurs huttes pour saisir leurs armes et revenaient se mettre sous les ordres du sorcier, qui, en l'absence du sachem, servait de chef à la tribu.

Le plan de défense fut bientôt fait.