--Et les lâches ennemis?

--Vaincus, repoussés!...

--Bien, fit la Flèche-Noire reprenant son impassibilité ordinaire.

Et, suivi de ses guerriers, il se dirigea vers son wigwam.

A mesure qu'il avançait dans: le village et qu'il apercevait les dégâts causés par la lutte, les sourcils du chef se fronçaient.

--Dans le coeur du père gronde un orage, disaient les guerriers; sa colère sera terrible!

Arrivé à la porte de son wigwam, la Flèche-Noire s'assit, invita les principaux chefs à en faire autant, et, et quelle que fût son impatience de connaître les détails de l'attaque et de la défense, il ne desserra pas les lèvres avant d'avant fumé le calumet du conseil.

Le sorcier était arrivé l'un des premiers.

--Que mon père parle, dit la Flèche-Noire; mes oreilles sont ouvertes.

--Les guerriers commandés par leur puissant sachem, dit le médecin avec un geste mélodramatique, coassaient le bison au bord des lacs, lorsque les corbeaux, s'envolant vers l'ouest en croassant, m'annoncèrent qu'un malheur inconnu planait sur la tête des Yakangs. Au moment où le Grand-Esprit retirait la lumière du Wacondah, le cri des Enfants perdus retentissait autour du village. Mais les Yakangs sont des guerriers: le sang des vieux bouillonne comme celui des jeunes!... Ils repoussèrent d'aborb les Enfants perdus.