--Bonjour, bonjour, Martin! dit le trappeur en caressant l'animal; as-tu vu quelqu'un rôder par ici?
Les yeux de Martin brillèrent comme s'il eût compris la question et te tournèrent vers la hutte.
--Ah! ah! fit le trappeur en voyant les cadavres... Des Enfants perdus! Mon ami Martin, tu as bien travaillé!
Deux heures après, les cadavres enterrés, le Marcheur, muni d'un sac à balles et d'une poudrière convenablement garnie, quittait la hutte pour rejoindre ses amis, qui l'attendaient à deux milles plus loin de l'autre côté des montagnes. Martin l'accompagna jusqu'aux limites de son domaine.
XI.--L'ORAGE.
Cependant la visite que les trois Indiens avaient faite à la hutte avait fortement donné à réfléchir au Marcheur.
--Les traces étaient toutes fraîches, dit-il à la Flèche-Noire après le récit des exploits de son ours... Nos ennemis seraient-ils sur notre piste?
--Oeil-Sanglant est un chien et ses guerriers des vieilles femmes... Les Yakangs ne les craignent pas.
--Je le sais. Moi non plus, je ne les crains pas... mais voyez-vous, chef, tout en marchant il m'est venu une idée. Les Hurons, bien que vous soyez maintenant en paix avec eux, sont jaloux de la puissance des Yakangs... Je ne serais pas surpris que l'Oeil-Sanglant les eût décidés à s'unir aux Enfants perdus, d'autant plus que leur chef, le Nuage-Blanc, vous hait personnellement.
La Flèche-Noire eut un sourire dédaigneux.