De là, dominant tout le pays, je découvre un des plus beaux panoramas qui se puissent voir.
Le regard se noie d'un côté dans le lointain changeant de la mer. Deux îles, dont la plus éloignée est grande et boisée, surgissent au large de la rade. L'autre est un fortin qui commande l'entrée du port. En face de moi, des collines doucement ondulées et couvertes d'une belle végétation. Niché dans le creux d'un vallon et trempant ses pieds dans les eaux d'un petit havre, un faubourg de la ville avec son clocher blanc.
À gauche, la mer forme un cours d'eau, s'enfonce dans les terres, disparaît et reparaît tour à tour jusqu'à l'horizon, dans les arbres.
Sur la rive où je suis, à mes pieds, la ville s'étend, et, dans ses larges rues, l'activité des grandes cités circule sur un parcours de plusieurs milles, continuellement.
Je restai longtemps à contempler ce spectacle aussi imposant que varié, et, comme je m'en retournais, je croisai des soldats anglais en tunique rouge et casque blanc.
Je revenais vers le bas de la ville où se trouve l'Halifax-Hotel, et je me demandais si, le soir, je me mettrais en route pour New-York ou le Canada, lorsque je rencontrai le commandant d'un navire anglais de ma connaissance. Il m'invitait déjà à l'aller voir, mais je lui dis que je partais dans quelques heures pour Québec, et cela me décida. Je rentrai, bouclai mes malles et allai prendre mon ticket pour l'ancienne capitale du Canada.
C'est une grande commodité, en Amérique, que ces agences où l'on se procure des billets sans avoir besoin de courir à la gare une demi-heure avant le départ de son train. On peut même s'en munir dès la veille pour le lendemain. Et l'on vous en donne qui sont valables pour un certain nombre de jours, voire même pour un temps indéfini, et pour tout le parcours de la ligne. C'est ainsi que le mien pouvait me conduire jusqu'à Montréal, avec la latitude de mettre dix jours à faire le voyage.
CHAPITRE II
D'HALIFAX À QUÉBEC.—QUÉBEC.—MONTRÉAL.—LE SAINT-LAURENT.—MONTRÉAL.