Sauf un peu plus de vénération autour de sa personne, et d'étoffe aux basques de sa redingote, le clergyman n'a rien qui le distingue particulièrement des autres hommes. Il va dans le monde, danse, joue la comédie pour rire et pour de bon; il a une femme qui reçoit et des filles passionnées au lawntenies. Nous n'avons donc rien à dire de plus sur son compte dans ce chapitre.

Il n'y a qu'un évêque anglican pour toute l'île de Terre-Neuve et les Bermudes. Tous les quatre ans, il va séjourner quelques mois dans cette dernière partie de son diocèse.

Au contraire, les diocèses catholiques sont au nombre de trois. Malgré la disproportion du territoire, l'évêque protestant est tout de même un moins important personnage que son collègue.

Cela tient, je pense, à ce que l'Église protestante est très-divisée.


CHAPITRE III

10 janvier.—Hier soir, une troupe de Christian Minstrels a donné une représentation dans la salle de concert à l'Athenæum. Le sujet mérite bien un compte rendu.

Les Christian Minstrels—tout ce qu'il y a de plus américain—ont pour spécialité de chanter de la musique nègre en l'interprétant telle qu'elle doit l'être.

À cet effet, ils se font la tête de l'emploi en se barbouillant de noir de fumée. L'orchestre composé de cuivres et de tambours se groupe sur des gradins, et de chaque côté, au premier plan, se placent les chanteurs.

Tout à coup la musique commence. Un des chanteurs, muni d'un tambour de basque ou d'une guitare, se met, tout en jouant, à pousser des éclats de voix qu'il accompagne des grimaces les plus simiesques et des gestes les plus ridicules.