L'aile est lasse. Le Temps parfois parle à l'Amour;
La voix douce reprend la voix acariâtre;
L'enfant résiste et le vieillard s'opiniâtre,
Et l'enfant ne veut pas comprendre, étant l'Amour.
Rosaces au parquet et lustres au plafond,
Éclair qui va tonner, roses qui fleuriront!
Le miroir s'interroge et scrute le miroir.
Le meuble se contracte et crispe ses pieds tors;
La porte s'entrebâille et l'on attend l'Espoir
Qui de l'aile de cendre eût fait une aile d'or.
LE PAVILLON
La corbeille, la pannetière et le ruban
Nouant la double flûte à la houlette droite,
Le médaillon ovale où la moulure étroite
Encadre un profil gris dans le panneau plus blanc;
La pendule hâtive et l'horloge au pas lent
Où l'heure, tour à tour, se contrarie et boite;
Le miroir las qui semble une eau luisante et moite,
La porte entrebâillée et le rideau tremblant;
Quelqu'un qui est parti, quelqu'un qui va venir,
La Mémoire endormie avec le Souvenir,
Une approche qui tarde et date d'une absence,
Une fenêtre, sur l'odeur du buis amer,
Ouverte, et sur des roses d'où le vent balance
Le lustre de cristal au parquet de bois clair.
LE BOUQUET
Sur la rosace éclose au centre du parquet
Pose ton pied léger, écoute et sois furtive;
La solitude parle à celle qui arrive;
N'as-tu pas entendu le marbre qui craquait?