Ce que je veux de toi, c'est ta jeune colère
Qui te montait au front,
C'est le sang qui roulait en toi sa pourpre claire,
Lorsque d'un vain talon,
Tu frappais à durs coups, frénétique et penchée,
Le sol sec et ardent,
Comme pour qu'en jaillît quelque source cachée
Que tu savais dedans;
C'est cela que je veux de toi, car je veux boire
A pleine bouche, un jour,
L'eau souterraine encore à ta fontaine, ô gloire,
Quand ce sera mon tour!
Et, si le temps ingrat m'accorde pour salaire
L'opprobre meurtrier,
Je veux m'asseoir du moins à l'ombre que peut faire
La branche du laurier.