— Elle n’est pas sans conduite, osa-t-il répondre. Et ce n’est pas une péronnelle. Vous la jugez mal !
La jeune femme parut réfléchir.
— Admettons-le ! dit-elle enfin, d’un air méprisant.
Et, posément, elle ajouta :
— Je connais sa mère… Comme je la crois, dans ce qu’elle fait, plus sotte que méchante, il est bon, malgré tout, que je l’avertisse. C’est même un devoir de conscience !
— Que voulez-vous dire ? gronda Marc.
Piqué au vif par cette menace, il avait bondi. Ses pommettes se couvrirent d’une rougeur foncée et ses sourcils se contractèrent, donnant à son masque une expression qui paraissait également empreinte d’énergie virile et d’enfance. Elle touchait en même temps qu’elle faisait sourire. Hélène le regarda sans souffler mot. Puis, lorsqu’il eut deux ou trois fois parcouru la chambre en prodiguant, la bouche serrée, des signes de colère dont la violence prit quelque chose de systématique dès qu’il se sentit observé :
— Parfaitement ! fit-elle, de conscience ! Certaines faiblesses ne se cachent pas, d’une mère à une autre. Nous avons entre nous des obligations qui dépassent quelquefois de beaucoup vos têtes.
— Mais quelles obligations ? Que pensez-vous ?
— Qu’à votre âge, dit Hélène, dans un certain monde, on ne laisse pas encore courir deux écervelés comme un garçon de magasin avec une modiste !