— Et alors, les penchants ? fit pompeusement Marc. C’est bon pour la gare, les penchants ? Mais nous sommes fiancés ! cria-t-il soudain. Fiancés ! reprit-il sur une note plus haute, en considérant sa belle-mère.

Elle entr’ouvrit la bouche, battit des cils, leva les mains et les secoua d’un air de pitié, puis se renversa pour mieux rire.

— Dieu, que c’est ravissant ! Ah ! la belle surprise ! Je m’attendais à bien des choses, mais pas à celle-ci. Toute l’époque ! jeta-t-elle, à moitié sérieuse. Ils sont là d’avant-hier, ils ne savent rien, on n’est pas sûr qu’ils aient mangé leur dernière bouillie, et, tranquillement, ils vous font part de leurs fiançailles ! La fessée se marie avec le pain sec…

Elle insista sur cette boutade et elle rit encore. Tout à coup, se tournant pour regarder Marc et, cette fois, vraiment agressive :

— Tu t’es, hélas ! trompé d’adresse, mon beau soupirant ! Ta folie méritait un accueil plus chaud. Elle aurait touché bien des mères. Moi, que veux-tu, malgré le siècle et malgré la mode, j’ai le droit de garder un certain bon sens. Au surplus, fit-elle, brisons là ! Depuis quand ai-je besoin de me justifier ? Avec ou sans ton agrément, qu’il te plaise ou non, j’écrirai dès ce soir à la mère d’Alice ou j’irai la voir ces jours-ci. De toute façon, tu peux compter qu’elle saura par moi la manière dont sa fille occupe ses loisirs !

Marc changea d’attitude et joignit les mains.

— Et si je vous promets ? Si nous rompons ?… Si je vous jure que, quoi qu’elle fasse, j’aurai l’énergie… Réfléchissez ! murmura-t-il d’un ton suppliant.

Elle leva les épaules.

— C’est tout fait ! dit-elle.

— Cependant, petite mère, vous admettrez bien…