Devant elle, on ne fit qu’élever une main, et une voix douce interrogea, non sans inquiétude :

— Apportez-vous ici, madame, de mauvaises nouvelles ?

La liberté de cette parole gêna la jeune femme.

— Marc, fit-elle, est entré en convalescence. Un peu de grippe (elle hésita), rien de bien sérieux… Au surplus, coupa-t-elle, vous êtes au courant ! Mais la santé physique de Marc n’est pas en question. C’est d’une autre chose qu’il s’agit !

— Expliquez-vous ! dit sans faiblesse Mme Aliscan.

— Comme il vous plaira ! dit Hélène. J’aurais voulu être comprise sans plus insister ! décocha-t-elle en aiguisant un perfide sourire. Puisque c’est impossible, allons droit au fait ! Marc a beaucoup de légèreté, beaucoup d’imprudence, c’est encore un enfant beaucoup plus qu’un homme. Je suis venue vous demander de rompre avec lui.

Elle avait mis toute sa hauteur dans cette dernière phrase. La vieille maîtresse ferma les yeux, parut réfléchir et, tout à coup, articula, d’un air de défi :

— Mais, madame, qui vous dit que, pour cette rupture, ma volonté seule suffirait ?

— Oh !… fit Hélène, déconcertée. Sincèrement, madame…

— Les sentiments qu’a Marc pour moi vous sont-ils connus ?