Il dut faire un effort pour articuler :
— Comment grand-père qui, jusqu’ici, ne s’était pas plaint, se trouve-t-il aujourd’hui subitement si mal ?
— Mais il ne se plaint pas ! Te l’aurais-je dit ? Je me serai mal exprimée ! fit Hélène d’un trait. Il est vieux, ce n’est pas la même chose du tout. Il a ses douleurs, ses manies…
— Comme l’an dernier, comme l’an d’avant, comme toujours ! dit Marc. Sa goutte n’est pas une nouveauté ! reprit-il sèchement.
— Oh ! mon chéri, que tu es dur !
— Dur ? fit-il. En quoi ?
Il hésita, puis déclara d’un ton radouci :
— Je ne vois pas pour quelle raison vous m’abandonnez.
Hélène, à son tour, devint pâle.
— T’abandonner ! s’écria-t-elle en quittant sa place pour venir prendre avec amour et désolation la face du jeune homme dans ses mains. En est-il question, mon grand fou ? Rends-moi justice, t’ai-je négligé, m’as-tu connue froide, et, aujourd’hui, peux-tu douter une seconde de moi ? Je n’ai en vue que ton bonheur, tu le sais fort bien.