— Allons donc ! fit Hélène. Je la connais bien ! Moralement, c’est tout moi, cette enfant, Michel.
Ils s’étaient arrêtés sur le bord de l’eau. Le commandant pointa sa canne dans une direction où deux têtes rapprochées émergeaient des vagues, parut hésiter une seconde, puis demanda soupçonneusement, les paupières clignées :
— Qu’est-ce que c’est donc que cette personne qui nage avec Marc ?
— La petite Vulmont, dit Hélène. C’est la fille d’un docteur du quartier Monceau.
— Ah ! Bonne famille ? Faites attention ! Avant-hier, déjà… Et puis, je trouve, reprit Michel, qu’ils vont un peu loin. Tenez, regardez-les, je crois qu’ils causent… Vous, ça ne vous offusque pas cette camaraderie ?
Hélène, du coup, se mit à rire comme une pensionnaire.
— Mais pas le moins du monde ! Quel mal font-ils ? Ils se sont vus deux ou trois fois dans des excursions et Marc la rencontre au tennis… Avec tout ça, vous m’amusez et j’en oublie l’heure ! ajouta-t-elle en consultant une toute petite montre que retenait à son poignet une ganse de moire bleue.
Une main près de la bouche, elle cria :
— Marc !
L’adolescent, à cet appel, leva les deux bras et se laissa couler sur place, en manière de jeu.