— Marc ! fit-elle de nouveau, lorsqu’il reparut.
Mais il filait le long du flot, la joue gauche couchée et le visage, de temps en temps, caché par la mer.
Une puissante expression de mécontentement se peignit tout à coup sur les traits d’Hélène. Laissant là son mari qui remuait des algues, elle fit sortir Marie-Thérèse, lui mit son peignoir et la poussa d’un pas rapide jusqu’à la cabine.
A peine en avait-elle fermé la porte que Marc, hors d’haleine, y frappait.
— Que signifie ? s’écria-t-elle en l’apercevant, avec la sèche intonation, l’air de tête furieux, la posture que l’on prend pour gronder un mioche. Un quart d’heure, à présent, ne te suffit plus ? Je te fais signe de revenir et tu vas plus loin ?
— L’eau était si bonne ! souffla-t-il.
Sa belle-mère, agacée, le fit taire du geste.
— Inutile de partir dans tes sottes répliques ! Retiens ceci, poursuivit-elle, un doigt battant l’air : une fois pour toutes, je te dispense de tes réflexions, tes explications, je m’en moque ! Je te prie de rentrer lorsque je t’appelle… et pas cinq minutes après, sur-le-champ !
L’adolescent baissa la tête sous cette algarade et commença silencieusement à se dévêtir du maillot de laine bleue qui collait à lui.