Sur le seuil du parloir, il l’arrêta.
— Je ne veux pas, dit-il, que vous vous éloigniez d’ici, ma chère fille, sans emporter au moins ma bénédiction…
XI
Claude, en rentrant, avait trouvé Mlle Dimbre dans le cabinet de son père. Elle y marchait d’un pas rapide devant Georges assis. Le seul aspect de son visage l’avait fait pâlir.
— D’où venez-vous ? s’était-elle écriée en l’apercevant.
Elle lui tirait l’oreille, lui secouait l’épaule, et il avait, par ses aveux, ses explications, innocemment livré le plan maternel sous le regard furieux de l’institutrice.
Pressée de le punir, celle-ci l’avait alors entraîné jusque dans sa chambre, l’avait corrigé brutalement, puis jeté à genoux dans un angle obscur en lui prescrivant d’y rester jusqu’à nouvel ordre et était descendue retrouver Georges.
Il fumait des cigarettes d’un air consterné. La fuite de sa femme l’avait ému, moins cependant que les reproches qu’il venait d’entendre. Vingt minutes plus tôt, après avoir fouillé sans succès toute la maison, visité le jardin et les taillis, Lola était entrée dans son cabinet et lui avait demandé :
— Où est Claude ?
Il n’avait fait qu’un bond jusque chez Denise. La vue de sa garde-robe jonchant les meubles l’avait, au premier abord, rassuré. Mais son regard était tombé sur le secrétaire et le désordre des tiroirs, en partie vidés, était venu confirmer son pressentiment. Sa maîtresse attendait, pleine d’inquiétude. Il lui avait alors conté la scène du matin.